Silhouette longiligne, regard insaisissable, casquette de marin vissée sur la tête… Corto Maltese n’est pas un héros comme les autres. Il est de ceux qu’on suit sans vraiment savoir où l’on va et c’est précisément pour cela qu’on y va. À Aix-en-Provence, La Manufacture lui consacre aujourd’hui une exposition dans le cadre des Rencontres du 9e Art et de la Biennale d’Aix, qui met cette année l’Italie à l’honneur.
Un voyage dans la vie dessinée de Hugo Pratt
Plus qu’une simple exposition, le parcours proposé à La Manufacture ressemble à une traversée.
On y suit Hugo Pratt depuis ses débuts vénitiens jusqu’à l’émergence de Corto Maltese en 1967, en passant par ses années argentines et ses influences littéraires et historiques.
Planches, reproductions, fragments narratifs : tout s’entrelace pour raconter une œuvre profondément marquée par le voyage. Afrique, Europe, Amérique du Sud… Chez Pratt, la géographie n’est jamais un décor, mais une matière vivante qui nourrit le récit.
Le visiteur navigue ainsi entre biographie et fiction, dans un parcours volontairement libre, presque flottant à l’image de son célèbre marin.
Corto Maltese, aventurier sans port d’attache
Corto Maltese apparaît comme un point d’équilibre dans cette exposition : ni totalement héros, ni totalement observateur.
Marin, rêveur, anarchiste, il incarne une forme de liberté rare dans la bande dessinée.
L’exposition met en lumière la manière dont ce personnage s’est construit : par touches successives, par influences multiples, par un travail d’épure où le silence et le blanc comptent autant que le trait.
Une escale italienne accessible et vivante au cœur de la Biennale
Pensée dans le cadre du festival BD Les Rencontres du 9e Art, l’exposition assume pleinement son caractère ouvert et accessible. Ici, pas de parcours figé ni de discours académique pesant : on circule, on observe, on se laisse porter.
La présence de Hugo Pratt dans cette édition n’est pas un hasard : l’Italie est l’invitée d’honneur de la Biennale d’Aix-en-Provence.
Avec lui, c’est toute une tradition graphique et narrative transalpine – les fameux Fumetti (petites fumées, en références aux bulles) qui s’invite à Aix, entre littérature, histoire et imaginaire.
Par Eric Foucher / Texte et Photos









