Zula, ancienne icône du cabaret et de la scène parisienne, partage aujourd’hui son art du mouvement et de la sensualité à Aix et Marseille. Avec "la Leçon de Zula", la danse devient un véritable langage du corps et de l’émotion.
Danseuse soliste et capitaine au Crazy Horse pendant plus d’une décennie, Zula – de son vrai nom Delphine Truchet – incarne une approche singulière de la scène, à la croisée de la danse, de la musique et de la performance. A travers de multiple collaborations pour le célèbre cabaret qui lui a donné son nom de scène – en clin d’œil à sa jeunesse africaine – avec des artistes de renom (Philippe Découflé, JC de Castalbajac, Dita Von teese, Béyoncé entre autres) elle a tracé un parcours riche et pluriel. Après avoir commencé dans la chanson avec Ycare, elle se révèle sur scène à travers ses collaborations avec le groupe Nouvelle Vague de Marc Collin lors de tournées internationales. Aujourd’hui, entre deux collaborations avec des artistes comme Nicolas Comment ou Charles Serruya, elle transmet son savoir à travers La Leçon de Zula, des séances de coaching lancées chez Capsule au Tholonet et bientôt également à Marseille. Pensées comme un atelier d’initiation aux arts de la féminité par le mouvement, ces sessions invitent à explorer l’expression de soi avec grâce, puissance et lâcher-prise.
Comment êtes-vous passée du Crazy Horse au coaching et aux ateliers ?
Ce n’était pas une suite logique : à l’époque, je ne mesurais pas la portée de ce savoir. C’est après la scène, en devenant maman solo et en retrouvant un travail « alimentaire », que j’ai compris le besoin vital de ces femmes. Transmettre est devenu une nécessité pour elles, mais aussi un immense bienfait pour moi.
Qu’est-ce que votre expérience de soliste vous a appris sur la confiance en soi ?
Être seule sous les projecteurs apprend que la confiance n’est pas l’absence de peur, mais la maîtrise de sa présence. J’y ai découvert que la vulnérabilité, une fois assumée avec une posture droite, devient une force inébranlable et magnétique.
Qu’avez-vous gardé de l’esprit du cabaret dans votre façon d’enseigner aujourd’hui ?
J’ai gardé la rigueur du détail et l’art de la mise en scène de soi. J’enseigne que chaque mouvement doit être habité et que le regard, autant que le geste, est un outil de pouvoir et de communication essentielle.
Avez-vous toujours voulu transmettre ou est-ce venu après votre carrière sur scène ?
C’est venu après. Sur scène, c’était mon quotidien, je ne mesurais pas l’impact de ces codes. En m’éloignant des projecteurs, j’ai réalisé que ces outils du cabaret étaient des clés d’épanouissement que je me devais de partager.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de lancer vos propres ateliers ?
Ma collaboration avec Caroline Pelletti-Victor (photographe et psychologue) sur la sororité a été un déclic. Face aux épreuves de ma vie de maman solo et à la dureté de l’époque actuelle, j’ai compris qu’il était vital de s’élever ensemble. C’est un moment de partage pur qui me guérit autant qu’il les aide. Cette sororité s’est d’ailleurs manifestée une fois de plus grâce à Marie-Julie Julie (coach de Pilates), qui m’a généreusement invité au studio Capsule du Tholonet me proposant d’y animer mes premiers ateliers.
Quel type de public vient à vos sessions ?
Des femmes de tous horizons et de tous âges qui cherchent à se réapproprier leur corps, à gagner en assurance ou simplement à s’autoriser un moment de sensualité. `
Peut-on vraiment changer sa confiance en soi en travaillant la posture ?
Absolument. En redressant le port de tête et en ouvrant le buste, on envoie un signal de sécurité au cerveau. La « mémoire du corps » finit par infuser l’esprit, transformant une attitude physique en une force intérieure réelle.
En quoi ces ateliers aident à se libérer ?
Ils permettent de briser les complexes par le mouvement et le jeu. En osant un geste ou un regard « interdit » par les conventions sociales, on s’autorise enfin à sortir des cases et à s’accepter pleinement.
Considérez-vous ces ateliers comme du spectacle, du développement personnel ou les deux ?
C’est un mélange des deux : un « spectacle de soi » au service du développement personnel. On utilise les artifices et la magie du cabaret pour révéler sa propre vérité et sa puissance naturelle.
Quelle est la transformation la plus marquante que vous avez vue ?
Lors de mon dernier atelier chez Capsule, une jeune femme aux formes voluptueuses est arrivée très en retrait. En la voyant s’autoriser une improvisation, j’ai vu sa fragilité se transformer en une sensualité éclatante : c’était comme voir une fleur éclore, une révélation de sa propre beauté qui m’a profondément émue qui m’a profondément émue.
Propos recueillis par E.F
Photos (Couverture Nicolas Comment / Portraits Cedric Vasnier et Caroline Pelletti-Victor / Ombres chinoises Eric Foucher / Coaching Capsule studio









