En plein cœur d’Aix, le vintage shop Cosmos Vintage cultive depuis onze ans une autre idée de la seconde main. Dans ses 26 m² bien habités, Marion compose un vestiaire choisi avec l’œil et le cœur, auquel se mêlent ses propres créations. Un lieu de sape, de style et de vie.
Une affaire de flair
Pour Marion, la fripe ne date pas d’hier. Chineuse depuis l’adolescence, elle affûte son œil en Espagne dès 2010, à une époque où la seconde main n’était pas encore si hype.
Son truc ? Dénicher de la grande marque en vide-greniers « à des prix Zara », mais surtout dessiner un vestiaire singulier.
De retour dans le Sud, cette pétillante Pertuisienne ouvre en 2015 Joli Bambi Vintage– consacré au féminin – avant d’y faire entrer le vestiaire masculin et de rebaptiser l’adresse Cosmos en 2021. Un nom qui sonne comme une profession de foi : « Le Cosmos, c’est l’idée du tout, de la galaxie, d’un endroit où l’on se croise, on flâne, on prend le temps».Et du temps, Marion en passe aussi à chiner.
Aujourd’hui, elle source essentiellement en circuit court (vide-greniers, boutiques sociales, fripes locales ou Vinted) et fait tout elle-même : sélectionner, laver, préparer.
Un travail de fond, guidé par l’instinct et les tripes, avec un soin particulier porté à chaque pièce.
L’art et la matière
Ici, pas de fringues au kilo ni de portants saturés. Chaque pièce mérite sa place. Matières naturelles, coupes impeccables, cachemires, cuirs ou pièces de belle facture : Marion défend depuis toujours un vestiaire intemporel, accessible et « fait pour durer ».
Sa culture mode s’est forgée entre pages de magazines, catwalks et extravagances 90’s signées Galliano, Mugler ou Gaultier.
Mais son sourcing reste viscéral : « Quand je chine, il faut qu’il se passe quelque chose au niveau émotionnel. Un imaginaire se met en place, je dois pouvoir me visualiser dans le vêtement».
Face à une seconde main devenue pléthorique, Cosmos prépare d’ailleurs sa mue : moins de quantité, plus de précision, avec des capsules autour d’un mono-produit (trenchs, pulls, cuirs, kimonos ou lingerie).Une nouvelle façon de chiner, plus resserrée, plus affûtée.
Même philosophie côté déco : Marion détourne de la vaisselle ancienne façon « pots d’apothicaire », qu’elle twiste de messages maison. Pour une vingtaine d’euros, ces pièces uniques mêlent kitsch créatif, humour et supplément d’histoire.
Cosmos Social Club
Cosmos, c’est enfin une boutique où l’on reste. La chaise près de la caisse ne désemplit pas, on vient essayer une veste, papoter, boire un thé ou simplement saluer. « Il y a beaucoup d’humain dans l’air. Les gens se parlent facilement. »
Marion accueille sans être pressante, conseille sans surjouer la vendeuse et laisse chacun habiter le lieu à sa façon.
Étudiants, habitués du quartier, touristes, vingtenaires en quête de pépites ou clients plus âgés sensibles à la qualité des pièces d’antan : autant de profils qui se croisent dans ce joyeux Cosmos à part. DJ sets, guests tattoo et apéros bonne franquette ont aussi rythmé la vie du shop. Une petite galaxie, finalement, où se produisent de jolies collisions.
Le Petit Plus : régulièrement, Marion sort le grand jeu avec ses journées braderie façon « remplis ton tote bag ». On pioche, on remplit le sac et on repart avec le tout pour 15 €. Déballage maxi, prix mini.
Texte et photos par Pauline Puaux









