Quoi ? : Bistrot traditionnel & cave à vins
Où ? : 531 Avenue Paul Jullien 13100 Aix-en-Provence
Quand ? : Du lundi au samedi de 12.00 à 14.30 et de 19.00 à 22.00
Combien ? : Verre de vin 7€/ Cocktail 12€/Entrées 13€/ Plats 25€/Desserts 9€/Formule déjeuner 25€
Un lien ? : Cliquez-ici

Au Tholonet, Monsieur Louis revisite l’esprit bistrot avec goût et caractère. À la carte ? Une cuisine française traditionnelle pour ripailler midi et soir mais aussi de jolies quilles bien flairées. Côté ambiance, un décor au charme chiné et un patron à la bonhomie contagieuse.

Une table qui vaut le détour

Il fallait oser. Jouer la carte du bistrot traditionnel au beau milieu d’une zone d’activité, à quelques kilomètres de l’effervescence aixoise. Et Louis l’a fait. Il y a un an et demi, ce jeune patron affable et volontiers bavard a repris les rênes d’une ancienne adresse au Tholonet.

C’est d’abord un choix du cœur, nourri de souvenirs d’enfance et d’une amitié qui a laissé son empreinte.

Mais c’est aussi une certaine idée de la restauration : celle de tablées rieuses qui méritent qu’on fasse un peu de chemin, pour le plaisir de bien manger et de refaire le monde.

« C’est le restaurant Chez Erwan, dans les Yvelines, qui m’a inspiré. Quand je vivais à Paris, on prenait régulièrement la route entre amis pour s’y offrir des festins d’anthologie. C’était devenu notre rituel, même si ce n’était pas intramuros ».

Chez Monsieur Louis, aussi, on ne vient pas par hasard : on s’extirpe un peu du centre-ville pour une cuisine qui tient ses promesses et une convivialité qui sonne vrai.

Un bistrot, plusieurs tableaux

À l’intérieur, ça fleure bon le bistrot « à la française », sans tomber dans le folklore poussiéreux. On y apprécie les tables en bois patiné, la vaisselle ancienne dépareillée, les verres à pied qui en imposent, les peintures figuratives ou les portraits d’époque, les miroirs rococo et les appliques rétro. Une sophistication sans ostentation.

Avec son comptoir carrelé de vert sapin, le bar attire tous les regards tandis que les bouteilles colonisent étagères et recoins. Le vin ne se contente pas de réjouir les papilles, il habille aussi les lieux.

Au centre du bistrot, la grande table se prête aux coups de coude complices, aux repas qui s’étirent et aux rencontres fortuites.

À midi, les travailleurs du coin viennent s’offrir une pause déjeuner soignée. Le service file bon train, mais pas question de rogner sur l’exigence de l’assiette.

Le soir, changement de registre : une clientèle plus éclectique mais aussi plus jeune prend ses quartiers, les conversations prennent du coffre et les verres s’entrechoquent.

« Les vendredis et samedis soirs, on tamise les lumières, l’ambiance monte d’un cran et le bistrot prend des airs de fête ». Monsieur Louis a donc bien des facettes.

Une tradition qui a du jus

En cuisine, les chefs passés par des maisons gastronomiques ont troqué le cérémonial des grandes tables pour une cuisine plus libre, sans jamais perdre de vue la noblesse du produit.

Approvisionnement local, tours de main bien rodés et amour immodéré pour les recettes de mémé : la tradition a tout bon.

En préambule gourmand ? Soupe à l’oignon, œufs mayo, pâté en croûte ou croque truffé « que l’on sert roulé façon gâteau d’enfance ». La suite ne fait pas dans la demi-mesure : comme cette impériale saucisse, tendre et parfumée (fenouil et poivre), qui se love dans une purée d’une chouette onctuosité. Régression raffinée.

Le bœuf bourguignon joue les mijotés de compétition, avec sa viande fondante, ses pâtes courtes et sa sauce profonde, aux notes confites, presque orangées.

Côté flacons, les vins de pays ont la cote. La sélection est fournie et chaque cuvée à une histoire qui coule de source. En dernier acte ? La tatin, le cookie chaud ou le sundae maison – ici escorté de popcorn, de caramel nappant et de noix de pécan – sont des péchés si mignons. Chez Monsieur Louis, la ripaille devient état d’esprit.

Le Petit Plus : juste à côté, Louis a remis le couvert avec un comptoir à tapas. Le jeudi soir, l’afterwork bat son plein, entre nectars bien sourcés et planches à faire tourner !

Texte et photos par Pauline Puaux