Soeur cadette de Grenache, Sarriette n’a rien d’un second choix, avec sa carte bistronomique qui se reinvente régulièrement et sa sélection pointue de vins vivants. La table parfaite pour les actifs soucieux de ne pas faire l’impasse sur la qualité à la pause déjeuner et pour les épicuriens qui trouveront refuge sous ses voutes à la nuit tombée.
Une bistronomie qui ne s’endort jamais
Chez Sarriette, impossible de s’ennuyer : ici, la carte tourne au rythme des mois, comme un calendrier gourmand qui efface les plats dès qu’ils ne sont plus de saison. Le propriétaire, Pierre Chatelain, Maître sommelier formé à l’école hôtelière de Marseille et passé par Londres, Montréal, Sydney et Monaco, revendique une allergie totale aux menus figés.
Résultat, quatre entrées, quatre plats et quatre desserts seulement, mais des assiettes denses, lisibles et franchement généreuses, qui donnent de bonnes raisons de revenir voir ce que la nouvelle carte a dans le ventre.
Ces jours-ci un poireau rôti au four, nappé d’une vinaigrette montée comme une mayo, ponctuée de feta et de pickles, avant une échine de porc mijotée au vin blanc, escortée de champignons au beurre noisette et d’une mousseline patate douce‑carotte au cumin.
Un duo qui coche toutes les cases d’une cuisine reconfortante de saison, travaillé avec suffisamment de précision pour séduire autant les actifs pressés que les gastronomes à la recherche d’une adresse d’initiés.
Une histoire de transmission et d’herbes de Provence
Si Sarriette se présente comme la petite sœur de Grenache – un semi gastro niché plus haut qui, bien nommé, fait la part belle aux quilles avec plus de 300 références – , ce n’est pas un simple argument marketing : en cuisine, Étienne Saliba, ancien second de Kevin Saint‑Pierre (chef de Grenache depuis plus de six ans), prolonge la même exigence de produit et de sauce bien léchée.
Le lien entre les deux maisons se lit dans le soin apporté aux cuissons, la recherche d’équilibres et cette même envie de signer une bistronomie “plus plus”, moins guindée que le semi‑gastro du grand frère, mais tout aussi sérieuse dans le fond.
Chez Sarriette, le vin se travaille comme un compagnon de table.
Tous les lundis, Pierre file en vigne ou en salon pour goûter, échanger, sélectionner, et ajuster en permanence une trentaine de références, majoritairement bio ou biodynamiques, qui tournent au fil de la carte. On croise ainsi un Domaine des Masques, aux Syrah poivrées taillées pour les viandes mijotées, le domaine Aupilhac en Languedoc pour des rouges épicés mais frais, ou encore le domaine Pellet et son sauvignon blanc façon Sancerre.
Le Petit Plus : Une salle aménagée dans une cave en pierre comme d’un cocon minéral en sous-sol, avec voûtes apparentes et murs patinés qui enveloppent la lumière et les conversations.
Par Astrid Briant (texte et photos)






