Dans une rue discrète du centre-ville aixois, le salon de thé Le Jardin de Lady Grace infuse un délicieux parfum d’Angleterre. Scones maison, thés d’exception et déco façon cottage : Muriel y cultive un univers à son image, aussi doux dans l’assiette que dans l’accueil.
God save the tea
Plusieurs années se sont écoulées avant que Muriel ne transforme son rêve en réalité. Pendant 32 ans, elle travaille dans un centre auprès de personnes en situation de handicap. En parallèle, le thé devient son petit rituel personnel et fait germer un doux projet : ouvrir son propre salon.
Amoureuse de l’Angleterre, Muriel voyage régulièrement outre-Manche. À Londres, une balade en famille devant un salon de thé portant son prénom – Le Muriel’s Kitchen – provoque le déclic : « Mon fils m’a dit : c’est ton salon, maman. »
C’est au moment du Covid que les choses se concrétisent : « j’ai quitté mon job et j’ai commencé une formation pour me lancer dans cette aventure nouvelle ». Elle finit par trouver son écrin dans une rue paisible d’Aix et ouvre Le Jardin de Lady Grace.
La crème de la crème anglaise
Ici, la star est dodue, dorée et furieusement british.
Les scones maison – nature ou aux pépites de chocolat – se gloutonnent sans modération. Muriel les sert avec crème ou beurre, « et l’on rajoute le miel, la confiture ou le lemon curd ».
Mais ce sont surtout « les gâteaux de grand-mère » que Muriel défend ; ceux qu’elle aime depuis l’enfance : moelleux au yaourt, gâteau renversé à l’ananas, cakes marbrés, au citron ou à l’orange… Autre bonne pioche : ses alternatives sans gluten ou sans lactose et des cookies cuits à la demande.
Dans la tasse ? 28 thés et infusions qui évoluent au fil des saisons : du noir au vert en passant par le oolong et le rooibos, entre notes gourmandes et envolées fruitées.
« Ma signature ? Le London Fog, que je sers chaud ou glacé ». Un mélange d’Earl Grey très infusé, de sirop de vanille et de lait.
Même les latte se déclinent en version maison. Le plus espiègle ? Le Matcha Darcy – clin d’œil au roman Orgueil et Préjugés – qui marie l’or vert japonais et les notes acidulées du cassis. Tasty !
Et le rituel britannique trouve son point d’orgue avec l’afternoon tea. Au menu ? Un présentoir à trois étages, avec finger sandwiches, tartes salées, veloutés et bouchées sucrées. Un goûter typique – et même cérémonial anglais – que Muriel suggère de réserver.
Du salon au cocon
Faïence fleurie, papier peint végétal, banquettes vert tendre, bois patiné, lustre à pampilles et détails chinés… Muriel a imaginé son salon aixois comme un cottage anglais.
Mais la plus belle signature du Jardin de Lady Grace est sans doute celle du lien. Muriel connaît ses habitués – et leurs prénoms ! – accueille familles, collègues, amis – « mais aussi leurs chiens » – sans sourciller.
Elle marque les anniversaires d’une petite attention et baptise même certaines recettes en hommage à ses client(e)s, à l’image du Becka’s Banana Bread. Une hospitalité très singulière – et même un supplément d’âme – qui explique la fidélité des habitués.
Dans une ville où les coffee-shops fleurissent, Lady Grace a choisi son propre langage : celui d’un moment suspendu, dans une bulle cosy. Le temps d’un thé, Muriel nous fait voyager.
Le Petit Plus : pour prolonger la parenthèse, Muriel soigne sa bande-son : reprises au violon de morceaux contemporains, playlists « coffee-shop friendly » et volume feutré. Ici, la musique aussi se met à l’heure du thé.
Texte et photos par Pauline Puaux









